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POURQUOI PREFERER L'ARGENTERIE
Auteur : Monique

POURQUOI PREFERER L’ARGENTERIE ?



Dans la société actuelle, il est souvent d’usage de considérer les valeurs des anciens comme dépassées, onéreuses et souvent inadaptées à nos modes de vie qui se veulent pratiques, efficaces, utiles et à la mode.
Pour la maison, on recherche des objets « déco, originaux », mais qui deviennent très vite inutilisables car de qualité moyenne, abîmés, encombrants et perdent toute valeur..
Dans ce contexte, on laisse de coté l’argenterie que l’on juge onéreuse, difficile à entretenir et un peu rétro…
Les quelques lignes qui suivent ont pour objet de défendre l’argenterie qui est précieuse, durable, accessible, simple à entretenir, et de donner quelques pistes pour identifier les pièces et bien acheter.

L’ARGENT MASSIF ET LE METAL ARGENTE

L’argent massif
L’argent est un métal trop mou pour être utilisé à l’état pur. Pour pouvoir mieux le travailler on le mélange au cuivre.
La quantité d’argent pur contenue dans l’alliage s’appelle le titre. Actuellement le titre légal est de 925g pour 1000.

Les alliages imitant l’argent
Ils ont été utilisés surtout au XIX° siècle.
On trouve le ruoltz (alliage de nickel, de cuivre et d’argent), le maillechort (alliage de cuivre, de nickel et de zinc qui est ensuite « argenté »), le régule (souvent employé en Angleterre ou les pièces en régule sont argentées par électrolyse)..

Le métal argenté
Christofle rachète le brevet de Ruoltz au milieu de XIX° siècle et diffuse largement des objets en métal argenté, à l’époque 10 fois moins cher que l’argent massif.

Le métal plaqué
Technique employée depuis l’antiquité et qui donne des objets de belle qualité, mais plus rares et plus chers.

Le vermeil
Argent massif recouvert par de l’or.
Le procédé actuel se fait par électrolyse. Les pièces plus anciennes étaient faites au mercure.

LA FABRICATION DES OBJETS

On distingue plusieurs catégories d’objets :
On appelle orfèvrerie le travail de l’argent et de l’or. On appelle argenterie les pièces d’usage domestique. On distinguera les couverts, la platerie (plats, assiettes, jattes…) et les pièces de forme souvent plus travaillées et à usage décoratif (bougeoirs, vases, coupes..)
Les pièces sont soit
frappées sur une forme,
embouties au tour
ou estampées dans un moule.
Les procédés de décoration des pièces sont :
La ciselure : on repousse la matière avec un outil à main
La gravure : on enlève de la matière avec un outil ou un procédé chimique
La décor appliqué : on soude une pièce sur une autre.

RECONNAITRE ET IDENTIFIER LES OBJETS

L’argenterie est facile à identifier car les fabricants ont l’obligation de poinçonner les objets.
On peut donc en premier lieu déterminer s’il s’agit d’un objet en metal ou en argent fin.
Ensuite une connaissance plus approfondie des différents poinçons de l’argent fin (ou massif) permettra de dater la pièce avec certitude.

LES POINÇONS D’ARGENT
Ils existent en France depuis 1272.
Voir les représentations et les explications complémentaires sur les liens suivants:
Poinçons de l'argent français
Poinçons de l'argent français


A cette époque, l’argent fin avait une valeur monétaire et le poids d’argent était l’élément essentiel dans le prix d’une pièce.
Aujourd’hui, le travail de l’orfèvre compte plus que le poids du métal.

A PARTIR DE 1672, les pièces portent 4 poinçons. L'alliage, composé d'argent et d'étain, comporte 25 ou 50 grammes d'étain pour mille grammes, selon le titre.

LE POINCON DU MAITRE ORFEVRE

Il comporte les deux initiales, une couronne et un symbole , ainsi que deux points de remède, à gauche et à droite. Les grains de remède garantissent que le mélange de l’orfèvre est conforme au titre, dans la limite d’une tolérance de 7 grammes pour 1000.

LE POINCON DE CHARGE

Il permet de situer l'origine géographique de la pièce.
Il est apposé par le fermier général; il représente une lettre surmontée d'une couronne fermée.
On distingue 24 généralités: ( A= PARIS. R= ORLEANS; E= TOURS; H= LA ROCHELLE, N= MONTPELLIER; W= LILLE...)
Cette lettre varie au fur et à mesure des époques selon les modes et les goûts stylistiques.

LE POINCON DE COMMUNAUTE OU DE JURANDE

Il permet de dater la pièce.
C’est le poinçon de maison commune qui garantit le bon aloi, "le titre"
Il s'agit d'une lettre date, surmontée d'une couronne fermée, qui change chaque année jusqu'en 1790: ( M= 1775, O= 1777, R= 1780)
Cette lettre est sobre et ne varie pas au fur et à mesure des évolutions stylistiques.

LE POINCON DE DECHARGE

Il est apposé par le fermier général sur la pièce terminée; il garantit que les droits ont été payés et il représente un symbole.
Ce poinçon manque 1 fois sur 2 à Paris et très souvent en province. Les pièces qui ont leurs 4 poinçons ont donc plus de valeur.

DE 1791 A 1797, LES POINÇONS DISPARAISSENT

Les contrôles sont supprimés à la révolution; la communauté décide alors de créer sa propre garantie et appose sur les pièces le poinçon de l'association des orfèvres; il s'agit d'un profil grec.

DE 1797 A 1838, LES PIECES PORTENT 3 POINÇONS

LE POINCON DU MAITRE ORFEVRE

Il comporte désormais les deux initiales dans un losange.

LE POINCON DE TITRE

L'alliage peut comporter 950, 925, 850 ou 750 grammes d'argent pour 1000 grammes.
De 1798 à 1809, il s'agit du premier coq, debout, tête à gauche dans un cadre chanfreiné. Il porte le numéro 1 pour le premier titre et le numéro 2 pour le second titre.

De 1809 à 1819, il s'agit du deuxième coq, marchant, tête à droite dans un cadre à double listel. Il porte le numéro 1 pour le premier titre et le numéro 2 pour le second titre.
Le coq de province comporte le numéro du département entre les pattes

De 1819 à 1838, il s'agit d'un vieillard, tête à droite dans un cadre à simple listel; le deuxième titre est représenté par un homme imberbe.

Le poinçon à fleur de lys est apposé sur les pièces exemptes de droits.

LE POINCON DE GARANTIE

De 1798 à 1809, il s'agit d'une tête d'homme barbu dans un cercle.

De 1809 à 1819, il s'agit d'un profil de guerrier dans un cercle.

De 1809 à 1838, il s'agit d'une tête antique dans un cercle.


A PARTIR DE 1838, LES PIECES PORTENT SEULEMENT 2 POINÇONS


LE POINCON DU MAITRE ORFEVRE

Il comporte désormais les deux initiales dans un losange.

LE POINCON DE TITRE

Il s'agit d'une minerve, debout, tête à droite dans un cadre chanfreiné à simple listel. Il porte le numéro 1 pour le premier titre et le numéro 2 pour le second titre.
De 1878 à 1973, la minerve ne permet pas de dater les pièces. Depuis 1973, les pièces de titre 1 portent une lettre date qui change tous les 10 ans (A de 1973 à 1982, B de 1983 à 1992, C de 1993 à 2002, D…)
Sur les petits ouvrages, il s'agit d'un crabe ou d'un sanglier.

LES POINÇONS DE METAL ARGENTE
Poinçons de métal argenté ARGEVEL

Depuis 1860, les pièces en métal argenté comportent un poinçon carré comportant les initiales ou le nom du fabricant.
A coté de ce poinçon, figure un chiffre qui indique le poids d’argent utilisé pour l’argenture de la pièce (ex : 84 pour les couverts, signifie que 84g d’argent ont été utilisés pour argenter 24 couverts).
Depuis 1983, on distingue 2 labels de qualité : qualité I pour les pièces les plus chargées en agent et qualité II pour les pièces moins chargées.
Mais aujourd’hui, la technique d’argenture utilisée compte plus que le poids d’argent. En général, la couche d’argent ayant servi à argenter le métal s’use...et certaines pièces anciennes sont plus résistantes à l’usure que des pièces de fabrication récente.
L’argent massif, lui, ne s’use pas !

ENTRETENIR L’ARGENTERIE

Une belle pièce d’argenterie est faite pour se voir et pour servir.
En général, elle ne s’oxyde pas, mais noircit au contact de l’air.
Protéger les pièces qui ne servent pas souvent en les mettant par exemple sous plastique.
Nettoyer de préférence avec une pâte qui se rince à l’eau, plutôt qu’à l’aide d’un bain (surtout pour le métal…).
Essuyer soigneusement après rinçage avec un chiffon doux ou une peau de chamois.
L’argent massif supporte bien le lave vaisselle, mais à condition de ne pas le mélanger à de l’acier.

L’idéal est de confier les pièces d’argenterie à un professionnel qui sait débosseler, dégraver, regraver, redresser, réparer, polir, réargenter…
Il entretiendra également régulièrement vos pièces en argent massif, par un nettoyage approfondi et leur redonnera tout leur éclat.
En région centre : Pascale LAUJON 06 11 40 14 30 pascale-laujon@ neuf.fr

       
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